PROMISS : faible apport protéique chez les adultes âgés vivant à domicile

Dans son discours lors de la conférence de la Fédération européenne des associations de diététiciens (EFAD) qui s’est tenue aux Pays-Bas, Marjolein Visser, du Département Sciences de la Santé de la Vrije Universiteit d’Amsterdam, a présenté les conclusions inédites de l’essai PROMISS (PRevention Of Malnutrition In Senior Subjects, prévention de la malnutrition chez les sujets âgés) en cours de réalisation. L’essai PROMISS porte sur la compréhension et la prévention de la malnutrition protéino-énergétique chez les adultes âgés vivant à domicile.

Résumé | Les conclusions préliminaires de l’essai PROMISS révèlent des lacunes dans la compréhension de la malnutrition protéique et protéino-énergétique parmi les adultes âgés vivant à domicile. De plus, il faudrait augmenter l’apport protéique journalier actuellement recommandé de 0,8 g/kg (poids corporel ajusté) pour prévenir la malnutrition protéino-énergétique.

La malnutrition protéino-énergétique se définit comme la perte progressive de masse corporelle maigre et de tissu adipeux en raison d’une consommation insuffisante de protéines et d’énergie (1). Les adultes âgés présentent un risque accru de développer une malnutrition protéino-énergétique. La prévalence de la malnutrition protéino-énergétique est de 12 % chez les adultes néerlandais âgés (≥ 65 ans) vivant à domicile et bénéficiant de soins à domicile, de 7 % chez ceux n’en bénéficiant pas et de 18 % chez ceux vivant en maison de retraite (2). Comme la majorité (90-97 %) des adultes âgés vivent à domicile, la malnutrition protéino-énergétique est un problème assez considérable.

Tous les participants (n = 8107) de l’essai PROMISS sont âgés de plus de 55 ans, a affirmé Visser. À la valeur limite de < 0,8 g/kg (poids corporel ajusté) par jour, la prévalence du faible apport protéique est de 21,5 %. De plus, a-t-elle noté, la prévalence du faible apport protéique est associée au sexe, la tendance au faible apport protéique étant plus forte chez les femmes que chez les hommes ; à l’IMC, les personnes présentant un IMC élevé (en surpoids et obèses) tendant à avoir un faible apport protéique ; et l’appétit, un petit appétit étant associé à faible apport protéique. Le faible apport protéique n’est pas associé à divers facteurs tels que l’âge, le niveau d’études, les conditions de vie et le statut pondéral.

En général, affirme Visser, le niveau de connaissance concernant les protéines chez les personnes âgées vivant à domicile est faible. La majorité (64,7 %) des adultes âgés ne savent pas ce que sont les protéines alimentaires. Parmi ceux qui le savent, les 3 erreurs les plus courantes sont qu’un repas par jour comprenant une bonne source de protéines est suffisant ; que les spécialistes de la santé recommandent aux personnes de leur âge de consommer moins de protéines ; et que comme le corps humain stocke efficacement les protéines pour les utiliser plus tard, il n’est pas nécessaire de consommer une quantité régulière de protéines chaque jour.

Les conclusions préliminaires de l’essai PROMISS concordent avec celles d’autres rapports : une augmentation de l’apport protéique au-dessus de l’AJR (apport journalier recommandé) de 0,8 g/kg (poids corporel ajusté) peut être nécessaire pour prévenir la malnutrition protéino-énergétique chez les adultes âgés vivant à domicile, conclut Visser.

Références

  1. Hengeveld LM, Wijnhoven HAH, Olthof MR, Brouwer IA, Harris TB, Kritchevsky SB, Newman AB, Visser M; Health ABC Study. (2018) Prospective associations of poor diet quality with long-term incidence of protein-energy malnutrition in community-dwelling older adults: the Health, Aging, and Body Composition (Health ABC) Study. Am J Clin Nutr 2018; 107(2): 155-164. https://academic.oup.com/ajcn/article/107/2/155/4911431.
  2. Undernutrition in community-dwelling older individuals. Recognition and Treatment. 2013. Consultable sur : http://www.stuurgroepondervoeding.nl/wp-content/uploads/2016/06/2013-Janneke-Schilp.pdf.