Nouvelle étude sur le lait et la santé osseuse

Le lait est une source naturelle de protéines, de vitamine B2 et B12, de calcium, de phosphore, de potassium et d’iode. Les protéines, le calcium et le phosphore font partie des nombreux nutriments qui maintiennent les os en bonne santé. Une étude de Van den Heuvel et Steijns (2018) offre un point de vue scientifique sur le lait et la santé osseuse.

Résumé | Van den Heuvel et Steijns (2018) concluent que les produits laitiers, avec ou sans supplémentation en vitamine D, peuvent avoir une incidence positive sur la minéralisation osseuse chez les enfants et les adultes consommant peu de calcium. Plusieurs points mériteraient toutefois d’être approfondis comme l’incidence de la consommation de produits laitiers sur les enfants et la santé osseuse à l’avenir, l’interrogation d’autres groupes de population outre les femmes, les Occidentaux et les Chinois et l’incidence des autres produits laitiers outre le lait sur la santé osseuse.

Les os se composent d’une matrice protéinique riche en phosphate de calcium et d’autres minéraux tels le sodium, le magnésium, le potassium et le zinc. Les os sont des tissus vivants. Ils s’effritent et se reconstruisent sans cesse. La masse osseuse maximale est atteinte vers l’âge de 30 ans. Outre le fait que 60 à 80 % de la masse osseuse maximale sont héréditaires, d’autres facteurs comme l’activité physique, la supplémentation en vitamine D et un régime alimentaire sain jouent un rôle dans le développement et la préservation de la masse osseuse.

Le lait contient naturellement des nutriments comme les protéines, le calcium et le phosphore. Outre ces nutriments, le fromage apporte également naturellement de la vitamine K et du zinc. Ces nutriments contribuent tous à préserver la masse osseuse. Toutefois, dans le cas du calcium, une étude internationale  a révélé que l’apport de calcium varie selon les régions du monde et qu’il est inférieur à 500 mg/jour dans de nombreux pays d’Asie.

FIGURE 1 Évolution de la masse osseuse au cours de la vie chez les femmes

Étude

Les chercheurs ont uniquement inclus les examens systématiques et les méta-analyses portant sur des essais randomisés et contrôlés concernant la minéralisation osseuse ou des études prospectives concernant le risque de fracture, à savoir des études de haute qualité référencées dans Scopus et/ou Pubmed. Seules les études en langue anglaise ont été prises en compte.

Le critère d’inclusion de la population étudiée dans le cadre de cet examen impliquait des sujets en bonne santé âgés de plus de 1 an. La durée minimale de l’étude d’une intervention visant à une densité osseuse supérieure était de 2 ans pour les études impliquant des adultes et de 1 an pour celles impliquant des enfants.

Résultats

Au total, cet examen inclut 6 méta-analyses et 2 examens systématiques concernant 33 ECR, 25 études prospectives et 3 études prospectives individuelles.

Les produits laitiers et la santé osseuse des enfants et des adolescents

L’examen a mis en évidence que la consommation de produits laitiers nature et de produits laitiers supplémentés en calcium et/ou en vitamine D a augmenté la densité osseuse de 45-50 g pour la période de 12 mois sur laquelle portait l’examen. Cette conclusion a été appuyée par deux méta-analyses impliquant des fillettes chinoises et occidentales dont l’apport en calcium était inférieur à 750 mg/jour. L’augmentation de la densité osseuse associée à la prise de produits laitiers est comparable à l’effet de l’exercice physique. Grâce à l’exercice physique, la densité osseuse augmente de 117 g sur une période de 2 ans, avec une incidence sur la formation de la masse osseuse maximale chez les garçons et les filles physiquement actifs (Bailey et al, 1999).

Les produits laitiers et la santé osseuse des adultes

Nouvelle étude sur le lait et la santé osseuse

Selon l’étude, une méta-analyse a mis en évidence que la densité osseuse des femmes occidentales augmente de 0,7-1,8 % en 2 ans lorsqu’elles consomment plus de produits laitiers, supplémentés ou non en vitamine D. La densité osseuse a été mesurée sur plusieurs parties du corps, y compris au niveau des lombaires et du fémur. Cette augmentation de la densité osseuse est équivalente à environ 1/5e des résultats pouvant être obtenus en recourant à la pharmacothérapie. Néanmoins, l’augmentation de la densité osseuse induite par la consommation de produits laitiers semble significative lorsqu’on la compare à la perte de densité osseuse causée par l’âge qui avoisine 1-2 %. Selon plusieurs comparaisons, l’augmentation de la densité osseuse de la colonne lombaire semble indépendante de la consommation de calcium. Toutefois, la densité osseuse des autres parties du corps n’a pas été évaluée. Une étude plus approfondie est donc requise.

Produits laitiers ou supplémentation en calcium

Dans ce domaine, le potentiel de recherche est important puisqu’il n’existe actuellement qu’une seule méta-analyse qui compare directement l’efficacité des produits laitiers avec supplémentation en calcium. Selon l’unique méta-analyse, les deux ont la même incidence sur la densité osseuse. Il est toutefois important de signaler que le taux de conformité des patients pour la supplémentation en calcium et vitamine D est très faible, de l’ordre de 2 patients sur 10.

Point-clé

  • Le lait est une source naturelle de protéines, de vitamine B2 et B12, de calcium, de phosphore, de potassium et d’iode.
  • Le calcium, la vitamine D et les protéines contribuent à la préservation des os à l’âge adulte (Fondation internationale de l’ostéoporose, 2011).
  • L’activité physique peut accroître la masse osseuse maximale de 117 g sur une période de 2 ans (Bailey et al, 1999). De la même manière, boire du lait peut augmenter la densité osseuse des enfants de 90-100 g sur 2 ans (Van den Heuvel et al, 2018). 19 essais randomisés et contrôlés ont débouché sur ces conclusions, parmi lesquels 14 études ont mis en évidence un effet bénéfique tandis que 5 études sont restées neutres.
  • Une légère augmentation de la densité osseuse chez les enfants peut avoir un impact significatif sur la santé osseuse. Une hausse de 10 % de la masse osseuse maximale réduit de moitié le risque de fracture au cours de la vie (Bonjour et al, 2009).