Le surpoids chez l’enfant : le rôle du petit-déjeuner

Le surpoids chez l’enfant est de plus en plus courant et pose un problème majeur de santé publique dans le monde entier. Plusieurs facteurs interviennent dans la progression du surpoids, notamment le poids à la naissance, les incidences génétiques et le statut socioéconomique. Par ailleurs, les habitudes alimentaires et nutritionnelles ont leur importance, en particulier celles du petit-déjeuner.
  • Le surpoids chez l’enfant est de plus en plus courant et pose un problème majeur de santé publique dans le monde entier. Le comportement alimentaire a une incidence sur la progression du surpoids.
  • La revue systématique de Monzani et. a. (1) montre que les enfants et les adolescents qui sautent le petit-déjeuner sont plus souvent atteints de surpoids ou d’obésité.
  • L’une des explications met en évidence le fait que les enfants qui prennent un petit-déjeuner régulièrement ont un régime alimentaire plus sain que les enfants qui sautent le petit-déjeuner.

Plusieurs études observationnelles font état d’une association positive entre le saut du petit-déjeuner et le surpoids chez l’enfant. L’une des explications met en évidence le fait que les enfants qui prennent un petit-déjeuner régulièrement ont un régime alimentaire plus sain que les enfants qui sautent le petit-déjeuner. La revue systématique de Monzani et al. (1) donne un aperçu des études, menées au cours des 10 dernières années, ayant évalué l’association entre le saut du petit-déjeuner et le surpoids et l’obésité chez l’enfant et l’adolescent. La revue comprend également des études ayant évalué l’association entre le saut du petit-déjeuner et les facteurs de risque cardiométabolique, comme l’hypertension artérielle. Cet article est un résumé de la revue systématique de Monzani et al. (1).

Comment l’étude a été menée

La revue comprend un total de 39 études observationnelles. Ces études ont évalué l’association entre le fait de sauter le petit-déjeuner et au moins l’un des critères d’évaluation suivants : poids corporel, excès de poids corporel (p. ex., surpoids), syndrome métabolique, hypertension artérielle, profil lipidique, taux de glucose, diabète de type 2, résistance à l’insuline et acide urique. Les participants aux études étaient âgés en moyenne de 2 à 18 ans.

Résultats

Sur les 39 études, 37 ont examiné l’association entre le saut du petit-déjeuner et le surpoids ou l’obésité. La plupart des études étaient transversales. La fréquence à laquelle les enfants sautaient le petit-déjeuner variait d’une étude à l’autre : de 1 % des enfants à 75 %. Cette différence s’explique en partie par le fait que chaque étude définissait à sa façon le saut du petit-déjeuner. Presque toutes les études ont conclu que le saut du petit-déjeuner est associé à un risque accru ou à une prévalence accrue de surpoids ou d’obésité. Seulement 7 études n’ont pas trouvé cette association ou l’ont trouvée dans des catégories spécifiques de sujets.

Par ailleurs, 6 études transversales ont évalué l’association entre le surpoids et plusieurs facteurs de risque cardiométabolique : hypertension artérielle (3 études), taux de cholestérol (4 études), résistance à l’insuline (3 études) et syndrome métabolique (5 études). Deux études sur trois portant sur la tension artérielle ont révélé que les enfants qui sautent le petit-déjeuner souffrent plus souvent d’hypertension artérielle. De même, deux études sur trois montrent une prévalence plus élevée de résistance à l’insuline chez les enfants sautant le petit-déjeuner. Deux études (sur quatre) font apparaître des taux de cholestérol HDL plus faibles et des taux de cholestérol total et de cholestérol LDL plus élevés chez les enfants sautant le petit-déjeuner. Une étude a également révélé une augmentation du taux de triglycérides chez ces enfants. Enfin, les cinq études qui ont évalué l’association avec le syndrome métabolique ont toutes indiqué que le fait de sauter le petit-déjeuner est associé à une prévalence accrue du syndrome métabolique.

Discussion

Il n’y a toujours pas d’explication à l’association entre le saut du petit-déjeuner et le surpoids. Les études présentées dans cette revue sont des études observationnelles, ce qui signifie que les résultats ne permettent pas d’établir de lien de causalité. Par ailleurs, seules quelques études ont été ajustées pour tenir compte d’autres facteurs pouvant être associés au fait de sauter le petit-déjeuner et au surpoids (facteurs de confusion). Par conséquent, il n’est pas clair si le fait de sauter le petit-déjeuner est directement associé au surpoids ou si d’autres facteurs jouent un rôle. Cependant, quelques études ont démontré que les enfants qui prennent un petit-déjeuner régulièrement ont généralement un régime alimentaire plus sain et consomment davantage d’aliments et de nutriments comme les fruits, les produits laitiers et les fibres. Par contraste, il ressort de cela que les enfants qui sautent le petit-déjeuner ont plus souvent un régime alimentaire malsain et consomment plus d’aliments riches en calories. Par ailleurs, l’association entre le saut du petit-déjeuner et le surpoids se retrouve principalement chez les adolescents : quelques études n’ont pas permis de trouver cette association chez les (jeunes) enfants. Les auteurs suggèrent qu’un rythme circadien perturbé peut jouer un rôle dans l’équilibre pondéral. Un rythme circadien perturbé peut être plus fréquent chez les adolescents, ce qui peut expliquer pourquoi l’association se marque plus clairement dans ce groupe.

Conclusion

Les auteurs concluent qu’il existe des preuves que les enfants et les adolescents qui sautent le petit-déjeuner ont un risque plus élevé d’être en surpoids ou obèse ou de le devenir. En outre, il semble y avoir une association entre le fait de sauter le petit-déjeuner et le syndrome métabolique, mais les preuves sont encore faibles. Le fait de sauter le petit-déjeuner est peut-être un marqueur d’un comportement alimentaire malsain qui favorise le surpoids et l’obésité.

Référence

  1. Monzani, A., Ricotti, R., Caputo, M., Solito, A., Archero, F., Bellone, S., & Prodam, F. (2019). A Systematic Review of the Association of Skipping Breakfast with Weight and Cardiometabolic Risk Factors in Children and Adolescents. What Should We Better Investigate in the Future? Nutrients11(2), 387