La vitamine D et la supplémentation associée au calcium

La vitamine D contribue à l’assimilation du calcium et au maintien en bonne santé des os, elle aide l’organisme à utiliser le calcium et le phosphore et contribue à un taux de calcium sanguin normal. La vitamine D participe également à d’autres fonctions telles que le maintien d’une fonction musculaire normale, de la bonne santé des dents et du fonctionnement normal du système immunitaire. Dans cette étude, Wimalawansa et al. (2018) examinent la fonction de la vitamine D et de la supplémentation en vitamine D au sein de différentes populations (1).

Résumé | L’Institute of Medicine (IOM) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommandent tous deux un apport quotidien en vitamine D de 15 mcg (600 IE) chez les adultes (2,3). Le Conseil néerlandais de la santé, quant à lui, recommande 10 mcg (9). Selon l’étude de Wimalawansa et al. (2018), les populations qui sont peu exposées au soleil, et qui synthétisent dès lors peu de vitamine D, ont potentiellement besoin d’un complément en vitamine D, car il est possible que la vitamine D absorbée à partir de l’alimentation ne soit pas suffisante.  L’étude a mis en évidence qu’une quantité de 1 000-2 000 IE/jour de vitamine D, en plus d’un apport adéquat en calcium, peut être nécessaire pour maintenir les taux sériques de 25 (OH)D au-dessus de 75 nmol/L (1). Pour les personnes à haut risque, un apport de vitamine D jusqu’à 4 000 IE/jour peut être recommandé.

Selon l’EFSA, le taux sérique normal de vitamine D à atteindre est d’environ 50 nmol/l (3). L’IOM recommande des concentrations sériques de 30-50 nmol/l pour la vitamine D, étant donné que cette valeur aide à une absorption maximale du calcium (2,9). Dans l’étude de Wimalawansa et al. (2018), les chercheurs ont défini la concentration sérique normale à 75 nmol/l. Ils ont remarqué que cette valeur fait l’objet de débats (1). Ils ont également décrit le fait que les adolescents, les femmes enceintes et allaitantes et les personnes souffrant de certaines maladies ont besoin de concentrations plus élevées de vitamine D. Dans l’étude, les chercheurs ont utilisé la plage de 40-75 nmol/l pour définir l’insuffisance de vitamine D et de ≤ 39 nmol/l pour la carence en vitamine D.

La carence en vitamine D et le rôle des compléments

Les carences en vitamine D peuvent être facilement comblées à moindre coût (1). Une exposition régulière sans danger au soleil est la meilleure manière d’atteindre des concentrations en vitamine D satisfaisantes. Seul un nombre limité d’aliments contient naturellement une quantité suffisante de vitamine D. Les poissons gras et les champignons exposés au soleil en font partie (3).

D’après l’étude de Wimalawansa et al. (2018), certaines personnes peuvent tirer profit d’un complément en vitamine D (1). Par exemple, les personnes qui ne peuvent pas assez s’exposer au soleil parce qu’elles se trouvent en institution (p. ex. maisons de repos, prisons), les personnes qui ne sont pas en mesure de synthétiser efficacement la vitamine D par le biais de la peau et qui souffrent d’affections causant une assimilation réduite au niveau intestinal ou un catabolisme accru de la vitamine D. De plus, les chercheurs ont indiqué que les personnes qui perdent rapidement du poids à la suite de causes naturelles ou secondaires à une diminution de l’estomac, les personnes qui prennent des médicaments antiépileptiques ou antirétroviraux, celles qui vivent dans les régions du nord ou du sud en hiver, les personnes qui ont la peau plus foncée et les personnes qui évitent le soleil, peuvent avoir un intérêt à prendre un complément de vitamine D.

Le rapport de l’Institute of Medicine (IOM) sur la vitamine D suggère que des doses de 600 IE/jour suffisent pour atteindre des concentrations sériques de 25 (OH)D jusqu’à 50 nmol/l chez les personnes en bonne santé qui s’exposent un minimum au soleil (2). Par contre, de nombreuses études indiquent qu’une concentration de 75 nmol/l au moins est nécessaire pour la santé (1). Pour obtenir une concentration sérique de 75 nmol/l, un complément à des doses entre 1 000 et 2 000 IE/jour est nécessaire (1).

Risque de toxicité

D’après Wimalawansa et al. (2018), une dose de 5 000 IE/jour est considérée comme la limite supérieure quotidienne sûre pour un complément (1). Le risque de toxicité est très faible lorsque la dose du complément en vitamine D est inférieure à 5 000 IE/jour. Étant donné que la prudence reste de mise concernant la toxicité, ils recommandent de maintenir des concentrations sériques de 25 (OH)D entre 75 et 125 nmol/l et de ne pas dépasser 150 nmol/l. Dans leur conclusion, les chercheurs indiquent que la modération est de rigueur en ce qui concerne les compléments en calcium et en vitamine D. Toutefois, pour la vitamine D, les chercheurs ont remarqué que des concentrations plus élevées, de 1 000 à 4 000 IE, peuvent être nécessaires. Cette plage est de loin supérieure à ce que les organisations nationales et internationales recommandent.

Conclusion de Wimalawansa et al. (2018)

Une exposition sans danger au soleil est la meilleure manière d’atteindre des concentrations en vitamine D optimales. D’après les auteurs, une supplémentation peut toutefois être nécessaire pour certains groupes de population, tels que les personnes qui résident en institution ou qui souffrent de troubles liés à la synthèse, à l’assimilation ou au catabolisme de la vitamine D (1).

Bolland et al. (2018) : la supplémentation en vitamine D associée au calcium

Une autre étude sur la vitamine D, réalisée par Bolland et al. (2018), suggère que les compléments en vitamine D ne préviennent pas les fractures ni les chutes et n’ont pas d’effets cliniques significatifs sur la densité minérale osseuse (4). Les résultats étaient cohérents, malgré le dosage en vitamine D. Les chercheurs ont remarqué qu’il n’est guère justifié d’utiliser des compléments de vitamine D pour maintenir ou améliorer la santé de l’appareil locomoteur. Il est toutefois important de noter que, lorsque le taux de vitamine D est suffisant, les effets favorables de la supplémentation en vitamine D sur la santé des os sont moins flagrants voire invisibles (5). Dans l’étude de Bolland et al. (2018), seules quelques études sur la carence en vitamine D ont été prises en compte.

Pour un effet favorable d’un complément de vitamine D sur la santé osseuse, la vitamine D doit par ailleurs être associée au calcium. (6-8) Vingt-cinq pour cent des études reprises dans celle de Bolland et al. (2018) prévoyaient un complément en calcium en plus de la vitamine D. Toutefois, étant donné que les études ont été analysées à partir de différents résultats, les preuves ne sont pas suffisantes pour tirer une conclusion sur l’effet de l’association d’un complément en vitamine D et en calcium.

Références

  1. Wimalawansa SJ et al. (2018) Calcium and vitamin D in human health: Hype or real? J Steroid Biochem Mol Biol 2018; 180: 4-14. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29258769
  2. Institute of Medicine, Dietary Reference Intakes for Calcium and Vitamin D, Food and Nutrition Board, Washington DC. (2011).
  3. European Food Safety Authority (EFSA). (2016) Dietary reference values for vitamin D. Available at: https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2016.4547
  4. Bolland MJ et al. (2018) Effects of vitamin D supplementation on musculoskeletal health: a systematic review, meta-analysis, and trial sequential analysis. Lancet Diabetes Endocrinol 2018; 6(11): 847-858. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30293909
  5. Scragg R. (2018) Emerging Evidence of Thresholds for Beneficial Effects from Vitamin D Supplementation. Nutrients 2018; 10(5): 561. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5986441/
  6. The DIPART (Vitamin D Individual Patient Analysis of Randomized Trials) Group. Patient level pooled analysis of 68 500 patients from seven major vitamin D fracture trials in US and Europe. BMJ 2010; 340: b5463. https://www.bmj.com/content/340/bmj.b5463
  7. Avenell A, Gillespie WJ, Gillespie LD, O’Connell D. Vitamin D and vitamin D analogues for preventing fractures associated with involutional and post-menopausal osteoporosis. Cochrane Database Syst Rev 2009; 15: CD000227. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19370554
  8. Boonen S, Lips P, Bouillon R, Bischoff-Ferrari HA, Vanderschueren D, Haentjens P. Need for additional calcium to reduce the risk of hip fracture with vitamin d supplementation: evidence from a comparative metaanalysis of randomized controlled trialsJ Clin Endocrinol Metab 2007; 92: 1415–1423. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17264183
  9. Health Council of the Netherlands. An evaluation of the EFSA’s dietary reference values (DRVs), Part 1. No. 2018/19A, The Hague, September 18, 2018.